Le Coup d’Etat, comment y arriver ?

Alors, comment prend-on le pouvoir dans un pays d’Europe occidental au XXIème siècle ?

D’abord, comprendre qu’une action peut amener le contraire de ce qu’on souhaite.

Comprendre que la réforme est inutile parce que le système est intrinsèquement pervers

Il s’agit de renverser le système, non de le réformer. C’est une machine à broyer l’individu. Cette civilisation révolutionnaire est intrinsèquement mauvaise.

Or, de ce fait, il est vital de ne pas prolonger l’agonie du système.

De quoi s’agit-il ?

Toute réforme, tout travail qui ne ferait que limiter le désastre, ralentir la malfaisance, est à proscrire : il prolonge l’agonie du système et entraîne donc davantage de dégâts. Diminuer, oui, ralentir, non.

Une action se doit d’être décisive et permettre de changer de système. On sait qu’il y a des attaques qui renforcent l’adversaire. Mais on n’imagine pas assez que la plupart des actions contre le système le prolonge.

J’écris quelque part que « le système est voué à l’échec, mais comme il pousse devant lui des hommes et des femmes, ils lui font un rempart de leur bonne volonté, et il n’en finit pas de survivre à leurs nécessités. Il est une longue suite de soubresauts spasmodiques, c’est un chat mal écrasé, qui fait encore quelques bonds mais finit par retomber inerte. C’est inéluctable (…) Que les âmes fortes renoncent à le défendre ou à le réformer, ce qui revient au même, et nous ne souffrirons qu’un temps, plutôt que d’agoniser sans fin. »

Boukovsky (qui s’est fait un métier de détruire le système soviétique et qui dit que l’Europe est la nouvelle URSS) me disait en être absolument d’accord, lors d’une conversation en tête-à-tête que je n’oublierai pas. Dans le discernement nécessaire, il y a un problème d’efficience.

Cependant, chaque jour qui passe augmente la puissance de la contrainte. Et mieux vaut tomber de vélo à 2 km/h qu’à 50. De même, il est plus facile d’empêcher un mariage que d’arracher un bébé aux bras de la future mère.

Cette double équation amène cette conclusion : l’opposition doit stopper net le système, et non vouloir le changer.

Deux paramètres indispensables

1/ Il faut que le peuple veuille ce changement, car on ne se bat pas pour un peuple malgré lui (ce qui était déjà vrai au temps de Garibaldi). Pour cette adhésion, nous disons qu’elle y est maintenant, grâce au travail prodigieux de ce gouvernement qu’aucun infiltré n’aurait jamais aussi bien réussi. Le peuple est demandeur. Il y a loin de la coupe aux lèvres et il n’est pas encore acteur, mais il ne faut plus qu’un déclencheur.

2/ Il faut les gens par lesquels cela arrive, des civils référents. Les militaires sont exclus, personne n’acceptera un putsch militaire. Un tel groupe est l’objet de cette phase du travail. On aura des militaires en back-office, naturellement, pour les quelques anicroches à régler.

Aussi, quand B. B., qui a dirigé un vaste mouvement de dissidence, me dit qu’elle ne s’imagine pas assumer la reprise du pouvoir, nous avons un problème: alors qu’il serait d’une déconcertante facilité de gouverner ce pays, après les imbéciles profonds ou les saboteurs qui s’y sont succédé (car enfin, ma boulangère ferait mieux que Dufflot), ce qu’il y a à faire ne demande que du courage, et pratiquement rien d’autre. On pourrait faire le contraire de ce que Bismarck dictait à la France, que ce serait déjà grand et salutaire.

Le fait est que nous avons en France des agitateurs d’idées qui, au moment fatal, oublient 3 décennies de décadence, de crimes, de spoliations de toutes sortes et se trouvent ne pas oser. Elle, et d’autres, me disent : « Nous n’avons pas l’équipe pour gouverner. » Funeste, tragique erreur. L’équipe, on l’a : il nous faut 9 ministres pour avoir un gvt à l’allemande. Je les trouve en 24 heures, et je n’aurai qu’une énarque. C’est donc que c’est possible.

Maintenant, par quelle action arrive-t-on au pouvoir ?

Nous voici à l’étape suivante : comment accéder au pouvoir, par quelle action ?

Il faut respecter une règle fondamentale de notre monde moderne, qui fonctionne par le signe et non par le sens (on peut avoir raison, et n’être encore rien).

La règle du jeu est : associer une image à une phrase. Une image, une phrase. C’est la règle médiatique de base. Une image et un pitch, si vous préférez.

Quelle image le monde entier véhiculerait au sujet de la France ? Quelle image la censure mondiale ne pourrait empêcher ?

J’en ai suggéré quelques-unes à tout ce qui dirige l’opposition, tout le monde adhère.

Mais celle qui ne manquerait pas d’être relayée par les CNN, NHK ou AlJezeera serait l’occupation de l’Elysée par le peuple français, c’est-à-dire un nombre suffisant de personnes, soit 500 au minimum.

Accéder à 500 dans l’Elysée est une chose relativement facile.

Je dis: l’Elysée, et non l’Assemblée. Attaquer l’Assemblée, c’est attaquer la représentation nationale. Attaquer l’Elysée, c’est attaquer un homme, en l’occurrence apparaissant brutalement comme despote. C’est un point de constitutionnalité, qui passionnera les universitaires, les journalistes, les constitutionnalistes. On a, de ce fait, déjà acquis l’intérêt de la quasi-totalité de ce qui pense dans le monde.

On n’attaque pas un parlement. C’est une règle simple. On attaque un homme, symbole d’un mauvais régime. Personne ne reproche à la foule d’en vouloir à un homme. Personne n’accepte en revanche qu’une foule s’attaque à une représentativité. C’est comme ça.

Que disent ces gens qui envahissent l’Elysée ? Ils meurent par l’impôt, par la corruption, par l’injustice (57 condamnés au gouvernement, quand même…), par l’insécurité… on trouvera sans difficulté les motifs à brandir (sur t-shirts par exemple). Tout cela est incontestable, la France étant par exemple le pays le plus imposé du monde, les médias US relaieront avec un plaisir non-dissimulé, avant même que la censure donne une quelconque interprétation des événements.

L’impossible réaction du régime

Le pouvoir se trouve alors dans la situation suivante: soit chasser les occupants à coups de matraque, et aussitôt il est considéré comme despotique officiellement (le palais suprême ne peut être évacué du peuple par la force, règle fondamentale): en ce cas, ses heures sont comptées, toutes les puissances au monde se chargent de le liquider; et il le sait (c’est d’ailleurs pourquoi Hollande a fait interdire le Fbg st-Honoré jusqu’en 17). Soit attendre, et c’est là, dans ce laps de temps, que les révoltés ont à communiquer, vite et très bien, ce dont il s’agit: supprimer de l’impôt d’abord, beaucoup d’impôts en fait, de manière à condenser une puissante volonté populaire, dessaisir les institutions, dissoudre les chambres… On retrouve ici les propositions pour un Coup d’Etat pacifique et légitime. C’est-à-dire manifester un changement véritable, autrement dit un autre régime.

Le Coup d’Etat en pratique

Reste à mettre au point l’aspect technique de la prise de pouvoir, mais c’est tout à fait anodin et aisé pour une équipe suffisamment aguerrie et au fait des techniques. Un minutage précis, une coordination impeccable, des gens sérieux, la neutralisation des quelques groupes de police et de gendarmerie sans casse (qui n’est qu’une affaire de listes à jour), la prise des médias essentiels, la mise au pas de quelques préfets, l’empêchement de quelques cars de CRS, tout cela n’est pas grand chose. On évitera assez facilement les erreurs « Stauffenberg ». Certes, tout sera parfaitement minuté. Mais la difficulté essentielle n’est pas là.

La difficulté essentielle, c’est de joindre la majorité des décideurs d’opposition, de les avertir et d’obtenir leur soutien passif.

Et pour tout cela, il faut quelques volontaires.

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