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Caractéristiques des politiciens français

Caractéristiques des politiques français, illustrations durant la Guerre (où l’on avait pourtant à Vichy les hommes les plus sains qui aient été au pouvoir de tout le 20ème siècle…):

  1. Indécision : préférer l’immobilité à l’action, va avec Lâcheté.
  2. Conviction que moins on en fait, mieux ça va.
  3. Mépris du peuple : Celui-ci n’est jamais réellement dans les esprits. Tel ministre, telle mesurette, telle loi minime, tel incident occupe tous les esprits. Le peuple peut vivre mille problèmes, ce n’est pas un problème car « ma secrétaire m’en a parlé mais elle a résolu le problème grâce à son beau-frère » (dans ce cas de crétinerie admirable, le locuteur pense que le cas particulier a résolu le cas général !) ou « ils disent ça mais en fait, ils cachent des trésors dans leur bas de laine » ou « patience, rien ne presse de ce côté-là, tout cela retombera » etc. De Gaulle considérant qu’un Français tué se couvre de gloire et que c’est bon pour le drapeau. Que 1000 bombardés sont bons pour le cours de la guerre etc. Méconnaissance des réalités, notamment totale des sectes. Laval qui rétablit des milliers de fonctionnaires maçons.
  4. Culture des vieilles lunes.
  5. Services qui rivalisent de bêtise, par exemple au sujet des travailleurs français en Allemagne, ministères, chômeurs, justice, armée même qui tous préféreraient la réquisition au travail volontaire. Voire faire fusiller ces travailleurs comme traîtres quand il s’agissait de les protéger ! Armée de 1914 sur pied de guerre en 1939, armée de 1870 en 1914, armée de 1815 en 1870 etc. (aujourd’hui : regarder les Gilets jaunes comme Mai 68, résoudre la dette par l’impôt comme en 1981 etc.)
  6. Chauvinisme Etant français, et républicains, et avec ces ministres (juifs, entre parenthèses), et avec les amis anglais, on n’a de leçon à recevoir de personne et surtout pas des Allemands qui, c’est promis, en septembre 39 seront vaincus dans trois mois ; au moment de l’offensive seront stoppés cette semaine ; au moment d’une anicroche à Abbeville ou Etampes ont été superbement écrabouillés et anéantis sur place tandis qu’ils n’ont eu qu’à pousser devant eux une armée française totalement inapte et désarmée ; devant telle ville connaîtront une défaite cinglante et seront contraints de supplier à genoux pour être pardonnés ; seront anéantis dès que tel ministre sera nommé, que tel général reviendra de sa retraite ; seront, face à tel peloton qui a réussi à tirer quelques coups de feu avec une seule mitrailleuse, amenés à capituler ce soir ; quand ils entrent dans Paris et défilent sur les Champs-Elysées sont visiblement exténués, affamés et ridicules dans leurs uniformes, d’ailleurs ils chantent pour se donner du courage; quand ils signent l’armistice prouvent qu’ils ont peur ; sont promis à être noyés dans l’immense civilisation française de tradition démocrate ; quand ils gagnent l’Europe sont aux prises avec toutes les rebellions car personne ne les suivra ; quand ils seront à Vladivostok ? Là, c’est sûr, ils seront promis à la noyade dans l’immensité universelle…
  7. Obstination à ne pas écouter Cette obstination venant pour l’essentiel du besoin de ne pas écouter celui qui n’est pas de son propre clan. Va avec Crétinerie.
  8. Incapacité à considérer l’intérêt général.
  9. Obsession de l’intérêt personnel. De Gaulle n’a strictement aucun souci des prisonniers, dont le sort ne préoccupe que… Vichy (sans réelle volonté) et les Allemands (sans y être directement intéressés !). Laval jouant au petit jeu des querelles de chefs qui le conduira au peloton d’exécution. Instinct grégaire se rendre à une réunion parce que les copains y vont même si on n’y connait rien. Y prendre la parole surtout si on n’a rien à dire
  10. Centralisme et étatisme socialiste
  11. Obsession de tout faire passer par la loi, par le gouvernement, par le décret, par l’ordonnance, alors que la bonne volonté des Français y suffirait et même, y réussirait bien mieux.
  12. Accès de mauvaise humeur, infantilisme tel problème grave revient sur le devant de la scène, tel politicien s’emporte car le cas a déjà été posé (et pourtant n’a pas été résolu. Evidemment…). Exemple : Darlan ne veut pas s’occuper des travailleurs français d’Allemagne parce qu’on les a embauchés alors qu’il n’était pas d’accord. Ils peuvent mourir sur place.
  13. Naïveté : croyance aux promesses anglaises, croyance qu’une neutralité entre l’Allemagne et l’Angleterre, qu’un statu quo fera reconnaître que la France n’a pas été vraiment collaboratrice, que les Anglais sont nos amis, même s’ils nous bombardent; croyance en la propagande « alliée »; Pétain accorde du crédit et s’émeut de lettres de Français que les gaullistes du gouvernement ont soigneusement choisies, écartant les autres.
  14. Négligence et infatuation, imbécillité : Laval néglige de regarder ce qui a été fait pendant le temps où il n’était pas au gouvernement alors que tout lui a été soigneusement préparé.
  15. Certitude qu’on est la solution et que tout reste à inventer.
  16. Égoïsme : le général Giraud s’évade de sa confortable prison allemande, au risque de rendre plus sévères les conditions d’existence d’1 million 180 mille prisonniers. Et tout cela pour strictement rien.
  17. Mensonge : Giraud prétend qu’il ne s’est évadé que pour rentrer chez lui. Ou les conseillers de Pétain promettent au vieux maréchal qu’après-guerre, il sera reconnu dans sa légitimité et blanchi des soupçons injustes qu’on fait peser sur lui.
  18. Déloyauté, superficialité : Giraud qui a juré sa fidélité au maréchal Pétain signe un document où il promet de ne pas trahir Vichy et contacte les américains… 6 jours après
  19. Incapacité à la sévérité : Lors du procès de Riom, on juge les responsables politiques ou militaires de la défaite, ayant accumulé les pires négligences, ignoré les rapports, méprisé les soldats, trafiqué, pour tout dire organisé la défaite. Or, on les laisse se permettre de parler haut, d’injurier les juges et le régime, de menacer même, se faire applaudir par le public présent, et de promettre qu’ils comploteront encore contre l’Etat, sans qu’il y ait de sanction. On laisse faire alors qu’il eut fallu être au moins d’une minimale sévérité, afin de se purger de l’ancienne république corrompue.
  20. Inconsistance, mondanités : c’est le syndrôme Bayrou : tel propos d’un journaliste est plus important que le sort de tout un pays. Va avec Esprit superficiel, Égotisme, Vanité, Infatuation de soi, Perte de temps, Vulgarité, Bêtise
  21. Incapacité à aller jusqu’au bout des décisions prises.
  22. Courage tout en parole. Darlan prête l’oreille à des conseillers médiocres, technocrates et politicards de la Troisième, et néglige les visionnaires, les meilleurs techniciens, diplomates, militaires…
  23. Médiocrité : Les petits conflits avant les grands, incapacité à voir que l’Empire existe et importe, que le peuple peut aider au changement si on l’y convie, et regard obsédé sur de petits avantages, des petits postes dans l’administration, de petits intérêts matériels
  24. Incapacité à saisir les grands enjeux. Le gouvernement de Vichy attend des gestes forts de la part des Allemands mais lorsqu’ils arrivent, ne les étudie pas sérieusement, aucun encouragement vis-à-vis des avances faites par les Allemands. Refus de se déplacer pour discuter. Il n’étudie pas plus sérieusement les opérations clandestines des Américains au sein de l’Empire qu’ils dépossèdent.
  25. Paresse et attentisme : vont de pair. Ne pas bouger est censé amener la solution tout seul. Ne rien changer, les lendemains étant incertains. Va avec Indécision et Incapacité totale, absolue et constante à anticiper
  26. Vanité : Giraud prétendant qu’il vaut bien tous les prisonniers français. De Gaulle, qui n’a jamais gagné une bataille, se voyant en stratège. De Gaulle osant écrire un livre sur les chars alors qu’il détruit tous ceux qui sont encore disponibles à Abbeville et Montcornet.
  27. Esprit corporatiste : le militaire ne voit de salut que chez les militaires, même s’ils sont incompétents. Le politique ne voit de solutions que chez les politiques, même s’ils sont corrompus. Chaque technicien explique la situation par un raisonnement entièrement inspiré par son métier.
  28. Faiblesse : recul dans les décisions courageuses, devant l’opinion générale du gouvernement, même si le peuple pense qu’il faut aller plus loin. Par exemple, quand Vichy envisage de créer une Légion des Français pour réellement se battre contre le bolchevisme, il y renonce, délaye, chasse les organisateurs, ne donne aucun budget etc. Quand il s’agit d’arrêter de richissimes trafiquants ju.ifs pris la main dans le sac, on les laisse faire, on les voit même parader à l’hôtel du Parc, on ne les arrête jamais. On n’organise vraiment rien. Quand on célèbre le paysan ou l’ouvrier, ou la mère de famille, on ne constitue pratiquement rien de solide et de consistant, cela reste au niveau du discours. Quand le gouvernement a sous les yeux les preuves d’une trahison, on refuse de l’arrêter. Quand on a la liste complète des caches d’armes, on prétend qu’il manque un décret pour agir etc.
  29. Vanité : goût pour les formules vaines (tous les politiques français).
  30. Petitesse : tous les généraux ou presque se couchant devant les Anglais, les Français eux-mêmes se laissant bombarder sans rien dire
  31. Politique de l’autruche : refuser d’assumer ses responsabilités. Exemple, le gouvernement qui s’étonne d’être débordé par le problème des travailleurs français en Allemagne et qui pourtant ne résout pas le problème.
  32. Folie : récuser les mesures du plus évident bon sens
  33. Pusillanimité : un projet abandonné dès le lendemain, sans avertir les gens qui travaillent dessus
  34. Courtisanerie
  35. Efforts déployés pour plaire, en négligeant l’intérêt ou l’enjeu du moment (si on l’a jamais entre-aperçu)
  36. Gaspillage : consacrer des heures à la question de savoir si l’on garde ou si l’on vire tel parasite
  37. Bureaucratisme, routine
  38. Absence totale de vue métapolitique, incapacité à raisonner en termes de puissance et d’Histoire, de grands ensembles géostratégiques et d’avoir sur ces choses des plans bien arrêtés (ne rêvons pas, mais c’est dit au cas où une génération de génies arriverait…)
  39. Jalousie stupide, institutionnelle refuser de s’occuper d’une chose mais refuser aussi que quiconque s’en occupe a sa place. Le Ministère du travail ne veut rien faire en faveur de telle catégorie sociale mais bloque quiconque veut le faire
  40. Incapacité totale absolue et constante à anticiper : une constante chez les Français. Ils bavardent mais n’organisent rien. Ils ne savent même pas qu’il y a un avenir, si ce n’est probablement épouvantable et sur lequel il n’y a notoirement, disent-ils, aucune prise.
  41. Certitude que le ciel va leur tomber sur la tête, d’où besoin pressant d’oublier, de boire, de se distraire.
  42. Refus de faire des plans.
  43. Aucune assiduité s’il s’agit de commencer. Aucune logique s’il s’agit de continuer.
  44. Constance dans l’illogisme, application dans la négligence des moyens, des quantifications, de l’organisation générale.

« Tout est stérile a dit Marcel Deat, si la volonté de comprendre le monde ne s’accompagne pas de la volonté de le changer ».

Comment je vais recréer la France

Et en république française à part Monaco ?

Il existe la République du Saugeais ! C’est une micronation selon wiki.
Le Saugeais est une micronation autoproclamée, composée de onze communes dans le Haut-Doubs, et réunies en une « république héréditaire » baptisée République libre du Saugeais.
Montbenoît est la capitale de cette « république ».

Afin de racheter des fautes, Landry, seigneur de Joux, fait don de cette terre inculte recouverte de forêts à Humbert de Scey, archevêque de Besançon. Ce dernier fait appel aux chanoines de Saint-Maurice d’Agaune (Suisse), ainsi qu’à des Savoyards pour la défricher et construire l’Abbaye de Montbenoît.
Organisée par un ermite nommé Benoît, venu se retirer depuis la fin du siècle précédent en «une solitude dans les neiges et parmi les ours», la communauté religieuse de l’abbaye exerce le pouvoir seigneurial sur cette terre jusqu’à la Révolution et contribue largement à la mise en valeur de cette portion de la Vallée du Doubs.
En 1947, le préfet du Doubs, Louis Ottaviani, de passage à Montbenoît, déjeune à l’hôtel de l’Abbaye, dont le patron est Georges Pourchet. Lorsque le préfet entre à l’hôtel, le propriétaire lui demande sur le ton de la plaisanterie s’il a un laissez-passer pour venir en la République du Saugeais. Surpris, le préfet lui demande : « Monsieur Pourchet, expliquez-moi cela. » Après les explications, le préfet lui déclare, plaisantant lui aussi : « À une République, il faut un président. Eh bien, je vous nomme président de la République libre du Saugeais. » Georges Pourchet décide alors de prendre ce titre en charge.
Après la mort de Georges Pourchet en 1968, la République reste quatre ans sans président. En 1972, alors que sa veuve Gabrielle Pourchet organise un repas de kermesse au bénéfice de la restauration de l’abbaye, elle est élue présidente à vie. Elle tente alors de structurer la République par la nomination d’ambassadeurs, la frappe de monnaie ou la création d’un passeport.
Il existe un hymne saugeais, composé en 1910 sur une musique de Théodore Botrel, le barde breton, par le chanoine Joseph Bobillier, né à Montbenoît. En outre, un timbre français de 2,50 francs, incluant les symboles du Saugeais (blason médiéval, abbaye de Montbenoît, rivière), est édité en 1987.

Cocasse: En 1999, le sous-préfet de l’arrondissement de Pontarlier, Jean-Luc Fabre, s’offusque d’un contrôle. Ayant « tourné les talons », il rédige une note mettant en cause un fonctionnement « incompatible avec les principes qui s’imposent aux dépositaires de l’autorité publique ». Il présente toutefois ses excuses avant d’être muté.

l’école à la maison avantages et inconvénients

L’école à la maison avantages et inconvénients. Du point de vue de l’autisme ou de la dyslexie, qu’en est-il ? Et quid de la précocité, du TDAH, des autres dys (dyspraxie, dysécolie, dysmathie…) ?

Les dyslexies font peur. C’est aussi un… business bien installé.

Dys, TDAH, précocité… l’épidémie folle

Déjà, s’interroger: pouquoi cette multiplication par 1000 ? De meilleurs dépistages ? Pas du tout, on avait en 1970 les mêmes moyens de reconnaître des symptômes. En revanche, les labos ont changé la donne en créant des diagnostics.

Enquête.

La première fois que le site de l’école à la maison.com a évoqué les mots dyslexie, dysorthographie ou dyspraxie, disant que cela venait essentiellement de la manière dont on instruisait – mal – les enfants, cela dérangeait. Aujourd’hui, les meilleurs connaisseurs de la question leur emboîtent leur pas.

Voilà pourquoi il est intéressant de regarder ce que dit ce site.

Tous les jours, c’est l’hécatombe. 90% des gens ont un « problème ». Leur enfant a un « problème ». Les dys représentent plus de la moitié de ces problèmes.

image publiée avec l’autorisation de l’école à la maison.com

Il y a des parents qui attendent depuis 3 ans pour avoir leur rendez-vous avec le spécialiste parce qu’on leur a dit que leur enfant a une dyslexie, une dysorthographie ou autre. Entendre cela les a soulagés, bien sûr,  parce qu’ils constataient que leur enfant avait des difficultés. Beaucoup de gens confient qu’ils se sont sentis soulagés quand on leur a dit que leur enfant étaient dys. Pendant 3 ans, ils ne peuvent pas entendre autre chose que: « Votre enfant a un problème, faites vite, voyez quelqu’un, il faut le sauver car il n’est pas compris. »

Besoin d’être écouté

Et ce qu’il y a de bien dans ces rendez-vous avec les spécialistes, c’est généralement que l’enfant est écouté. On s’occupe de lui.

L’écoute, la sacro-sainte écoute. Les parents jugent qu’un spécialiste qui les écoute est compétent. Peu importe si son diagnostic va être faux.

Les parents ont besoin d’exister dans le regard de l’autre et quand ils sont écoutés, ils ont l’impression qu’on les prend en compte.

Mais voilà: une écoute peut être accompagnée d’une incompétence totale en médecine. On verra la véritable estime du spécialiste pour les parents dans le diagnostic qu’il délivrera, en fait. L’écoute n’est pas suffisante en soi !

Quel outil a-t-il été employé ?

Un spécialiste vous a délivré un diagnostic de « dys ». A-t-il utilisé un scanner, une Image à Résonance Magnétique (IRM) ? Si non: diagnostic invalide. Un diagnostic, c’est formel, c’est pas « peut-être. » Donc, si c’est « peut-être », c’est un diagnostic invalide. Un indice : si ce spécialiste reçoit des « visites médicales » de la part de labos, il dépend du système traditionnel des laboratoires pharmaceutiques: son avis est donc sujet à caution.

Diagnostic, jugement de l’école, mises en cause de la part de l’école, tout vise votre enfant. Il est le coupable idéal, il doit avoir « un problème ».

La suite sur https://l-ecole-a-la-maison.com/dyslexie-dysorthographie-et-autres-dys-la-realite-video/

Les preux en parfaite santé

Par Max Montgomery

Les preux en parfaite santé ou Les trois jours du con dehors

L’armée a tort de se poser des questions de budget. Il suffit de raconter l’histoire de Taponnière et Ghesquier, ou Ghesquière et Taponier (on s’en tamponne un peu).
Quel rapport avec le budget des armées ? J’y viens.
Ghesquière est journaliste, l’autre cameraman. Ces messieurs se sont imposés à l’armée française via le ministère. L’armée cantonnée en Afghanistan n’en voulait pas pour essentiellement deux raisons : la première est que l’un des deux ne connaissait pas le terrain, la deuxième tient au fait que le courageux essayiste Ghesquière n’en rate pas une pour dire du mal de l’armée française. Tous les deux sont des antimilitaristes, et de gauche. Le profil type du journaliste de la grosse presse. D’ailleurs, ils vont en Afghanistan, non pas tellement pour informer les Français, mais pour « assurer les talibans de la compréhension et du soutien de la presse et de la gauche française dans leur lutte ». Faut oser.

Des aventuriers, des gars qui ont de l’humour en plus, inséparables ? Des sortes de Bud Spencer et Terence Hill.

On comprend pourquoi l’armée ne s’est pas bousculée du galon pour accepter qu’ils débarquent. Sans compter que Ghesquière (au sujet duquel je manque de précisions, vous ne m’en voudrez pas, je ne vais pas enquêter, parce que franchement mes secondes valent mieux que sa vie), ce journaliste (génuflexion quand vous entendez ce mot) est un adepte de la virée impromptue, au mépris des recommandations et des signalements des soldats de terrain. Il va là où on lui dit de ne pas aller. Avec un chauffeur-traducteur si possible. Des petits cow-boys français, quoi. Voilà pourquoi l’armée, qui sentait bien que tôt ou tard ces deux étourneaux se feraient serrer, freinait des chenilles.

Mais France Télévision, la télé d’État, a fait ce qu’il fallait auprès du ministère Morin, qui a obtempéré et bigophoné aux soldats. Ceux-ci ont donc dû s’incliner et lécher le sable. Il fallait accepter les deux compères, Cul et Chemise. C’est la première erreur de militaires que personne n’a obligé à obéir aux politiques, si ce n’est les politiques eux-mêmes. Passons.
Voilà les deux héros, treillis et caméras sur l’épaule, lunettes sur la tête, passés aux UV, silhouettes mi-reporter mi Paris-plage, qui mettent pieds en plein soleil sur le tarmac afghan, une vision à faire se pâmer la journaliste de la presse féminine (« Elle » en l’occurrence, qui ne dira jamais assez de bien des deux traîtres). Cash et Tango passent devant les soldats. Ils ne les saluent pas, et entament un séjour où la valetaille militaire sera regardée de haut. De très haut. Ils se montrent « dédaigneux, incivils, orgueilleux, odieux, indisciplinés, jamais contents », rapporte-t-on. Du haut de gamme, en quelque sorte. Du journaliste de la prestigieuse télé d’État française. Attention, écartez-vous un peu s’il vous plaît. On mélange pas, comprenez ?

D’ailleurs quand ils seront faits prisonniers, ils auront droit à de « l’hommage » : un concert sera organisé à Paris. Le jour de leur libération, leurs collègues leur feront une ovation dans l’immeuble de France Télévisions, diffusée en direct. « Elle » aussi fera son ovation, je devrais peut-être dire son ovulation.
Bref, ils font leur reportage. Point. Mais, l’extraordinaire mission accomplie, ils se disent qu’ils n’ont pas assez lutté contre l’impérialisme français et se doivent d’aller saluer les camarades afghans, la Résistance, quoi. Après tout, leurs grands ancêtres allaient bien ravitailler le FLN.
Vous vous demandez toujours comme je vais conclure mon histoire de budget des armées, hein ? Ça vient.
Les voilà partis, nos deux midinets, avec une voiture et un chauffeur. Ils se rendent « sans protection dans une zone à risque contrôlée par les Talibans », dédaignant une fois de plus les objurgations des pros.
Et ils se font bien sûr arrêter. On descend, on discute. Pan ! Le chauffeur est tué d’une balle. Nos deux lascars font les ouins-ouins, on les emmène. En tôle. Bien sûr, ça pleurniche pour se faire libérer. « C’est pas notre faute, qu’est-ce qu’elle attend, l’armée ? Monsieur le geôlier, je vous assure qu’on est avec vous ! On est ici pour dénoncer le gouvernement fasciste de Nicolas Sarkozy. Je suis sûr que vous me comprenez. Mais écoutez-moi ! »
À Paris, c’est l’émoi général. Pensez donc : des journalistes arrêtés ? Mais c’est pas possible, ça. Des salariés de base, des touristes, des militaires, on peut en arrêter autant qu’on veut. Mais des journalistes ? Vous n’y pensez pas. C’est la race supérieure. Des gens d’au-dessus. Quand tu passes par « journaliste de la grosse presse », crois-moi, tu passes par la caste départ ! Et tu touches 20.000. Par semaine, pour commencer.
Donc Paris, la ville dont le maire est sans dessous du tout, est sens dessus-dessous.

On colle les deux tronches de premiers de la classe bien-pensante sur l’Arc de Triomphe qui en l’occurrence, avec deux prisonniers aux mains de l’ennemi, ne triomphe pas vraiment (on m’expliquera le symbole au passage, j’y entrave plus rien). On déploie des moyens, des millions. Il faut « tout faire », les « droits de l’homme », « le gouvernement prend l’affaire très au sérieux ». Les notes de téléphone montent plus vite que le téléphérique de Buisson-Chamois. Il !FAUT! (à tel point qu’on est obligé de réinventer la typographie) aller libérer ces deux preux, et que l’armée se bouge !
L’armée y va. Le 29 juin 2011. Une opération qui coûte environ 10 millions d’euros, annonce le général Georgelin. Pour ces deux types là. Et ça se passe mal. 9 soldats sont tués… 9 hommes. Avec des familles au pays.

Mais qu’importe ? Les preux se portent bien, ils sont en parfaite santé. Bronzés, barbes de trois jours comme à l’accoutumée, histoire de faire « aventure ». Look Jet Tours. Puisqu’on parle de trois jours, ils y ont eu droit: interviews, caméras, flashs. Hélas, Ghesquière n’a pas un mot pour les tués. Les trois jours du con dehors.
On est au-dessus de tout ça. Que ces deux mecs aient été responsables de plus de morts que Mohamed Merah n’est pas un vrai souci. Ce qui compte, c’est qu’ils racontent leur sublime histoire. Où l’héroïsme, c’est de se faire prendre aux pattes là où on est sûr de se faire prendre aux pattes.

Car le journaliste Ghesquière, le héros de ces dames, n’est pas du genre à en rester là. Il publie un livre, attention. Son titre je l’ai oublié et donc je ne le citerai pas. Dans lequel il insulte copieusement l’armée. C’est la final french touch. La cerise sur le gâteau. Les mecs qui sont connement allés se faire tuer, ils en valaient pas la peine, c’était des pauvres types, des moins que rien, du sous-verre de comptoir, rien je vous dis.

Et maintenant causons budget. C’est simple. Messieurs les généraux, laissez venir ces types, ces journalistes de la bonne grosse presse fière d’elle-même, pleine de bonnes leçons à vous dispenser de haut. Faites-leur bon accueil. Puis, au petit matin, faites-les monter dans un VAB, conduisez-les aux Talibans, faites-les descendre et fourguez-les pour 100 millions d’euros, pièce. Les Talibans, eux, les refourgueront pour 200 aux Pakis, qui eux les remiseront pour 300. Les journaleux auront eu leur heure de gloire, vous aurez des sous, le gouvernement aura sa libération. Tout le monde sera content. Franchement, organisez une agence du rançonnage. Vous avez là une manne. Les prix pourraient fort bien grimper rapidement. Le gouvernement français n’est plus à quelques milliards près et ce qui compte, c’est la pub. Vous aurez l’appui de Elle, de la presse féminine et du vaste monde bobo qui adore que les belles histoires se finissent bien.

Religions : le bon, la brute et le truand

Par Max Montgomery

Le Bon chrétien, la Brute musulmane et le Truand juif

Le Bon, la Brute et le Truand, auquel on repense à l’occasion de la mort du génial Elie Wallach, est peut-être un peu plus que ce qu’on croit. Reste à savoir si c’est dans l’esprit de Sergio Leone ou dans le mien…

Une nuit, je me suis mis à penser que les trois héros symbolisaient le christianisme (le Bon), l’islam (la Brute) et le judaïsme (le Truand). Et dès lors, tout s’est animé. Le film démarre à la 21ème minute et devient une parabole. Tuco, le Juif symbolique, est l’éternel poursuivi, menacé de pendaison et toujours vivant. Il réchappe à tout, il est sympathique, Elie Wallach l’incarne à merveille, et il est bien sûr totalement dénué de scrupule, comme les Italiens aiment à le dépeindre. Blondin (Clint Eastwood), qui figure le Chrétien, erre sans but. Il ne cherche rien, philosophe ou se tait, et se trouve secouru par une divine providence, le boulet qui fait effondrer la poutre qui le pend, par exemple, ou la carriole sudiste qui contient un secret. Il passera par des tribulations coûteuses : c’est lui qui paye le plus.

Quant à Sentenza (Lee Van Cleef), notons-le, c’est la brute qui se déguise. Très bien vu : combien de chameliers trompent leur monde ? La marche dans le désert fait penser aux quarante jours, et Tuco est le diable tentateur. Le trésor sonnant et trébuchant, annoncé sur la route par des mourants sudistes, fait rêver cette vieille crapule qui y voit sa Terre promise, d’ailleurs annoncée par un monde mourant (l’armée sudiste, les derniers braves magnanimes : le réalisateur se situe de leur côté). Tuco est le Juif qui croit en cet Eldorado, comme tout le cinéma hollywoodien, il fait de l’argent du vol, du braquage, un eldorado, une fin ultime : le veau d’or est toujours debout. Tuco, pour arriver à ses fins, est prêt même à sauver son vieil ennemi chrétien pour le tromper car — voilà l’ennui — dans sa souffrance, le Bon a entendu la vérité. C’est lui qui sait. Tuco n’a qu’une partie du message : le nom du cimetière où se trouve le trésor. Le nom du cimetière, notez-le ! Ce qui est mort, l’ancien Testament, l’ancienne Alliance. Tiré par les cheveux ? Attendez voir. Il y a plus parlant et parlant : le passage du pont. Tout y est symbole à mes yeux. Le pont symbolise le passage de l’ancien monde (le Sud de la tradition), au nouveau monde, nordiste, anglo-saxon, le camp de Wall Street… la Terre Promise de Tuco qui veut aller là. Les dollars sont là-bas, qu’importe la soldatesque. Le pont est le lieu de l’affrontement, une boucherie sans fin. Le Bon prend l’initiative de le faire sauter, faisant cesser la guerre comme une opposition stérile entre ancien et nouveau. C’est une perte patrimoniale, certes. La guerre se déplacera et tuera ailleurs, mais en attendant, quelques vies sont gagnées. Le temps que la poussière retombe, les armées ont quitté le champ de bataille. Un seul acte balaie les armées. Les règles de la guerre classique ont été effacées. Sur l’autre rive, Tuco n’a que faire du jeune homme mourant. Le Bon lui concède une cigarette : un mal pour un bien : mission inlassable de l’Église. Instant de gratuité. Tuco part droit au trésor, dans la ligne de mire du canon qu’allume Clint : symbole de vérité qui touche au but et rattrape irrémédiablement celui qui fuit vers son propre plaisir. Tuco est bousculé, et non tué ; une rémission est toujours possible. Enfin, la scène du cimetière, magistralement évangélique. C’est là qu’est le trésor. Tout s’éclaire : le trésor sera trouvé parmi les morts. « Pourquoi chercher parmi les morts ? demande le Christ. Ce n’est pas là que vous trouverez ce que vous cherchez. »

Les trois religions sont là : le Juif, le Chrétien, le Musulman. Le Juif et le Chrétien se débarrassent du Musulman, en premier lieu, comme pour dire : restons entre gens de l’ancien livre, du vrai conflit. Si les choses se résolvent entre nous et que l’un de nous meure, tout finira. La brutalité pure de la Brute ne peut aller plus loin, la violence ne peut atteindre à l’ultime moment. Il ne peut aller plus loin que le cimetière, car il n’a droit à aucune théologie: l’Islam ne dialogue par avec Dieu. Chose admirable, le Bon révèle ce qu’il sait en l’écrivant sur une pierre. Une pierre comme celle sur laquelle on a bâti l’Église. Qu’y a-t-il d’écrit ? Rien ! Le Verbe est imprononçable. Tuco n’avait que des illusions, il n’y a pas de nom pour le véritable bonheur, et surtout pas de nom d’homme : « vous ne servirez pas deux maîtres »… Finalement, le trésor est dans la tombe d’à côté, celle qu’on a délaissée. Qu’on y songe : la pierre rejetée, la tombe délaissée… Et le trésor sort de cette tombe-là, comme d’un suaire. Ce sont les talents d’or qu’on a dissimulés au jour, qu’on a enfouis. La parabole est bien là. Pour finir, le Juif se trouve pendu par son propre vice, l’or à ses pieds, inutile à sa prédation, puisqu’il est prisonnier de son corps suspendu : le jouisseur est tel que ses richesses ne l’assouvissent point. Le Bon s’éloigne avec sa part. Il a procédé à un juste partage. Mais ce qu’il emmène lui servira, à lui. De bout en bout, il a été le plus habile et le plus juste. Il a renoncé aux buts, il n’en a aucun, aucune ambition spéciale : il se voue au chemin, son destin, se laissant guider, le désert est devant lui et nul ne sait où il va…

L’UMP n’a pas eu son bac, le PS l’a eu en trichant

Par Max Montgomery

C’est jour de résultat du bac. Et les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy ne sont pas validés par un Conseil constitutionnel qui ne sait pas compter. Qu’est-ce que le Conseil constitutionnel, je vous le demande ? Si ses murs étaient de verre, tout le monde en rirait. Qu’est-ce encore que cette obscure histoire ? Une campagne électorale est une opération de mensonge, d’entubage de l’électeur. A quoi rime de l’invalider ? Est-ce qu’on « invalide » un braquage de banque ? « Non messieurs, votre braquage n’était pas réglo, on le refait. » Voyons, voyons, tout ça n’est pas sérieux. Qui juge ? Qui est jugé ? Y a-t-il en ce pays un homme véritable pour y croire ?

Vous le savez, je milite depuis des années pour la prise en charge des braqueurs par la Sécu. Voilà des gens qu’on peut admirer. Voyez la pénibilité de leur travail ! Et les risques. Et les accidents de travail. Pour une retraite zéro, traquée, menacée sans cesse. Un métier où l’on se met à dos toute la société, où on ne se fait aucun ami, où la risette n’a aucun effet. Un métier sans filet, qui se perd, croyez-moi. C’est du vol franc, de la fauche honnête, de l’escamotage loyal, j’oserais même dire du larçin-frusquin.

Franchement, tandis que certains se font élire pour rafler le magot, il y a encore des gens courageux qui préparent minutieusement une attaque, manière qu’elle fasse le moins de bobos possibles, qui prennent sur leur congé sans demander de dédommagement, et qui pour finir, quand les conditions s’y prêtent et quelle que soit la météo, braquent des banques où il n’y a plus d’argent, pour des clopinettes le plus souvent. C’est un geste héroïque, ça part d’une certaine idée du bénévolat, finalement. Tenez, à L’Isle-en-Dodon, mon escroc de maire n’avait pas ce gabarit, quand il se faisait payer par la commune des heures de « bénévolat valorisé ». Si, ça existe, je vous jure : des petits vols au bas d’une page. « Bénévolat valorisé. » Et hop, 15.000 euros dans la poche. Ça vous donne pas envie de les envoyer à Fleury-Mérogis, ça ? Ou de les balancer par-dessus bord avec 10 kg de ciment aux pieds ? Ah ! Vous voyez que vous êtes d’accord. Quand je demandais au trésorier départemental pourquoi il validait les comptes de la mairie, il me disait : « Pas de plainte, pas de contrôle. » C’est pas beau, ça ?

Alors que le braqueur, lui, il assume. Il prend tous les risques. Sans être couvert, sans assurance, et sans chômage. L’arme au poing. Façon grand-papa, façon Blier, Lino ou Francis Blanche. Avec un peu de casse parfois mais pas plus que dans la rue au quotidien si l’on en croit La France orange mécanique de monsieur Obertone (il aurait dû s’appeler Overtone). Eux au moins, les braqueurs de banque, ils s’attaquent au gros fric et font ce qu’ils peuvent pour ne blesser personne.

On ne pourrait pas en dire autant des politiques qui ne se dérangent pas pour quelques milliers de sang-contaminés ou de paysans suicidaires, mis en faillite par les vols commis à tous les étages et qu’on leur fait payer.

Nos braqueurs sont pleins d’illusion touchante d’ailleurs parce que s’ils voulaient vraiment palper gros, ils braqueraient plutôt la Caisse des Dépôts et Consignations, il y a là 10 mille milliards de dettes à rafler et comme on sait, monsieur Tapie : plus on doit, mieux on vit.

Ou mieux, allez braquer les syndicats et les CE communistes. C’est là qu’il est l’artiche, y en a des tombereaux. Du fric bien de chez nous, à notre portée, et gaulois. Des sesterces, du frix.

Mais revenons-en à notre Conseil constitutionnel, celui qui valide ou invalide les braquages d’État. Car les élections, c’est ça. On l’a dit et répété, écrit en long et en large : les élections vous envoie des gens qui n’ont strictement aucune compétence (4 décennies nous l’ont prouvé) au pouvoir. Qu’y font-ils concrètement, je vous le demande entre quatre yeux (et même 6, si vous avez des lunettes). Je dis concrètement, pas prétendument. Ils prétendent gouverner, certes, mais vu qu’ils n’ont plus le droit de voter les malheureux 5 % de budget qu’il restait jusqu’en 2010, puisque c’est Bruxelles qui s’en charge, que 95 % sont votés d’avance pour autant que les instituteurs soient payés-z-à vie, vu que les lois, décrets, textes, directives et recommandations font un inextricable merdier dont on ne peut rien extraire et qui vous emberlificote les bras, le gouvernement ne gouverne absolument plus. Absolument plus. Le faire croire, c’est prendre le péquin pour un Chinois.

Et je sais ce que je dis, j’ai deux générations complètes de politiques avant moi, et même que j’ai fait mon possible pour n’en pas être. Quoi qu’on m’ait réclamé, plébiscité, et même élu.

Par conséquent et au vu de tout ça, les politiques ne vivent qu’une réalité unique : ils s’enrichissent. Ils ne gouvernent pas, ne prennent pas de décisions, ou que des mauvaises, ne gèrent pas, font semblant, confient tout aux fonctionnaires, aux fusibles, aux larbins. La seule chose vraiment concrète, in fine, c’est qu’ils palpent. Ne me dites pas que c’est un discours bolcho-mélenchoniste, les rouges touchent à mort, c’est le parti qui a le plus détourné de fonds publics.

Le politique se fait élire et l’essentiel de son passage est marqué par un débit au compte de l’État. On le sait. Il n’y a pas besoin de rejouer « Chéri fais-moi mal » au grand Rex pour s’en souvenir.

Ils braquent l’État. Pourquoi porter un 9 mm quand on peut se contenter d’une carte d’adhésion aux gros partis ? Ça tire moins les poches. Comme me disait un sénateur socialiste de Haute-Garonne (pléonasme: tout en Haute-Garonne est socialiste) : « On sert à rien, mais il y a du fric à prendre. » Je lui demandais, avec mon air faussement naïf : « Et pourquoi ne le dites-vous pas comme vous me le dites ? » « Mais pardi, qu’il me fait, le bonhomme, parce que si je le dis je ne suis pas réélu et un autre le prendra à ma place ! » Vous comprenez. C’est du bon sens.

Ont-ils, à côté de ça, un minimum de carrure, je veux dire, ont-ils un numéro, ou du talent, pour nous faire gober l’addition ? Pas vraiment. En fait, en grattant un peu sous le col de chemise, on trouve des fiottes. Encore une fois, j’ai l’air extrême à causer ainsi, mais je vous jure que c’est du vécu. Je les connais à peu près tous et de peu loin.

Ont-ils, donc, une certaine dimension ? Une étoffe. Bon, alors disons une silhouette.

Je me souviens qu’un jour, nous avions à table un officier d’État-major détaché auprès du gouvernement, qui nous racontait la réaction du gouvernement socialiste français à l’annonce de la reprise en main communiste de la Pologne, en 1981. Réunion de crise. L’un des ministres demande à Hernu : « Et toi, Charlot, t’en penses quoi ? On peut envoyer l’armée ? » (sic) Le gouvernement se tourne vers les militaires : ceux-ci sont abasourdis, se regardent, consternés. Ces politiques socialistes, qui viennent de prendre le pouvoir, ne savent donc rien ? On ne déclare pas une guerre comme ça et la France n’a pas les moyens d’affronter la Pologne et encore moins l’Union soviétique. Et puis il y a l’Europe, et tout le reste… cette question est invraisemblable. On se croirait sur une cour de récréation. Et dire que ces gugusses disposent du feu nucléaire ; c’est d’ailleurs ce que souffle un colonel qui est là : « Ils ont le feu nucléaire… » « L’Europe ? fait un ministre, bravache. Ah ! non, c’est à nous d’être le fer de lance. » Un général demande : « Le fer de lance de quoi, au juste, monsieur le ministre ? » Silence. Finalement, on entend une voix qui fait « Et les Américains, ils en pensent quoi ? » Mitterrand, dépassé, barbouille quelques mots : « Oui, c’est ça, appelons les Américains. » T’as raison. C’est mieux que de finir en layette.

Les Américains débarquent de l’ambassade. Ils sont quatre. Ils ne perdent pas de temps en salutations. Ils sont directs, et même impolis. Pas d’humeur à faire semblant. Ils posent une valisette sur la table et disent : « Messieurs, nous nous occupons de tout. Pas de bêtise, hein ? Si vous avez besoin de nous contacter, vous utiliserez ce téléphone. » Voilà. Fin de l’incident. L’Amérique allait s’occuper de tout, ses hommes seraient dans les ministères et dicteraient leurs consignes aux généraux et hauts-fonctionnaires français, et les ministres français fermeraient leur bouche. Ils diraient ce qu’ils voudraient à la presse. Mais pour l’affaire polonaise, ils seraient gentils, ils iraient jouer un peu plus loin avec les porte-clés des Américains. Ce serait comme ça. All right ?

Voilà ce que furent les 4 heures, les 4 grandes heures de la réaction française face à l’événement.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que j’ai vu assez de ces politiques pour vous dire sans ciller : ce sont des imposteurs.

Qu’est-ce qu’un conseil constitutionnel ? Une boîte à meuh qui vous dit oui ou non, vous pouvez ou pas. Selon des critères qui sont ce qu’ils sont, sauf sérieux.

On vous invalide les comptes de campagne ? C’est comme de vous dire que vous n’avez pas commis correctement votre vol. Il n’y a aucun compte de campagne depuis 20 ans qui n’aurait pas mérité d’être invalidé. Aucun n’eut dû être validé. Armements, argent blanchi, argent de la prostitution, fonds détournés, caisses de retraite, ou d’associations vidées… on ne compte plus.

Et qu’est-ce que Sarkozy ? Et Hollande ? Mon Dieu, mais les Français ont-ils si peu de dignité qu’ils peuvent admirer et reconnaître des gens qui n’auraient même pas pu prétendre être bouffons sous Charles VI, dit le Fol.

Ces gens qui se disent élus, et qui n’ont jamais amassé sur leur tête une majorité, ne sont rien. Moins de jugeote que ma mercière, moins travailleurs que mon boucher, moins honnêtes que le fils du voisin.

Quand je dis « rien », naturellement j’exagère, ils sont des gens ordinaires, voilà tout. Personne n’est rien. Pas même Ayrault, pas même Vals. On ne peut pas dire ça. Ils sont quelque chose. D’indistinct, c’est vrai. Pour sûr, ils passent nettement après mon dépanneur informatique.

J’en ai vu, de ces politiques. J’ai rencontré Sarkozy, et Chirac, plusieurs fois. Et d’autres. Giscard. Mitterrand. Des ministres à la pelle (j’eusse préféré que ce fût à la pioche, entre nous, et la mer). Franchement, j’ai vu mieux, même dans les soirées de la Faculté de Nanterre. Un ou deux sortait du lot, parfois. Mais rien d’époustouflant. Les quelques amis que j’ai la chance de m’inventer chaque année me passionnent et m’impressionnent davantage. C’est tellement vrai que j’oublie de les oublier. Je les garde. Fidèlement. C’est fou ce qu’il y a des gens intéressants dans ce foutu pays. Il y a, dans l’arrière-pays, plus de talent que dans les centaines de palais de la République.

Avez-vous, ne serait-ce qu’une seule fois dans votre vie, été ébloui par un discours d’un politique en responsabilité ? Moi, jamais. D’un politique exclu, ça oui, de politiques de l’ombre, de la résistance, oui, certes. Mais de gens du système, jamais. J’ai écouté Mitterrand : c’était plat, convenu. Bayrou, Hollande, c’est de l’eau. Je ne me souviens de rien de vraiment grand. Si, parfois, quand un nègre laissait dépasser une phrase que le candidat hésitait à balbutier : on reconnaissait que ce n’était pas de lui. Ce pauvre Bayrou, je ne compte plus le nombre de fois où il m’a cité sans droit (de citer).

Un jour Chirac demandait en conseil des ministres : « Qui a une idée ? Il me faut une idée ! » Rien. Absence totale d’imagination, de prise de risque. Petit, petit, petit. Si j’avions été là, mes camarades, on refaisait le monde, en mieux, en Kodachrome grand espace.

Mais non. C’est cela, finalement, la république : un écheveau de connivences, de craintes, de relations viciées, d’intérêt spécieux, de conservatismes et de prébendes, d’opinons définitives, de critères incontournables, de mesure obligatoire, de discours, de peur enfin, de petitesse et de peur encore. Qui nous fait regretter la France royale où tout se risquait chaque jour, où chacun se devait au dépassement général, où, dans une parole qui valait pour tous, un pacte sacré, tout flambait jusqu’au fronton des palais, tout se tenait fou et droit, front au vent, où dix navires pouvaient couler pour ne s’être pas rendus, parce que l’honneur ne se noie jamais, et si l’on y survivait, la folie était de vivre malgré tout, mais en homme libre dévoué à un service et un seul — car Dieu est le seul maître —, et non errant de chaîne en chaîne ; on était sans chaîne, sans lien, en latin ab-soluta, oui, d’une manière absolue, comme l’était le pouvoir royal : sans lien, sans attache aux puissants, aux groupes, aux intérêts. Rien ne s’arrêtait justement. On n’a pas deux portraits de rois semblables. Regardez bien. Tout durait et tout avançait. Exactement, mathématiquement, le contraire de la République où rien ne dure et tout se fige. C’est ma bonne vieille chère loi du paradoxe, que j’ai découverte jadis et dont je ne me sépare plus.

Tenez : un jour, le duc d’Ossone, vice-roi de Naples, qui détenait le droit de grâce, monte à bord d’une galère et interroge la chiourme :

— Pourquoi es-tu là ?
— Je ne le saurai jamais, excellence, je suis victime d’une erreur judiciaire.
— Ah ? Et toi ? Pourquoi as-tu été condamné ?
— Je n’ai rien fait. J’ai été accusé à tort. Je suis un honnête homme, je le jure.
Et ainsi de suite, tous les forçats de se défendre et de clamer leur innocence. Mais en voilà un qui dit :
— Je suis là parce que je l’ai bien mérité et je mérite plus encore.
A ces mots, le grand homme s’exclame :
— Qu’on détache ce méchant homme ! Et qu’on le chasse d’ici. Il pervertirait tous ces honnêtes gens.

Vous avez là toute la différence qui existe entre la plèbe et l’homme.

L’on pouvait jouer 40 ans de sa vie pour qu’un roi entende notre nom 5 secondes, tout était fou, beau et sage, et toute cette terrifiante folie s’institutionnalisait jusque dans les ballets et les feux d’artifice, dans les guerres et les amours. L’homme était plus libre, voilà tout.

C’est du souvenir inconscient dont hérite ces « cent mille chiens » dont parlait Voltaire en parlant de lui-même, que jouissent nos politiques. « Sire », disait Voltaire, pensif et confus, à Louis XV, le magnifique souverain, « un jour le peuple de France sera gouverné par cent mille chiens comme moi au lieu d’être gouverné par un seul beau lion comme vous. »

Nos politiques ont hérité de tout ça comme les cambrioleurs qu’ils sont. Un grand homme me disait un jour : « J’ai compris ce qu’était la République avec une seule image. L’un des pires révolutionnaires, coupeurs de tête, violeur de religieuses, brûleur de château, s’était installé dans l’hôtel particulier d’un noble qu’il avait dénoncé. Durant la Restauration, ce monsieur exigeait que ses visiteurs enfilent des patins pour ne pas rayer le parquet. » Tout est là : imposture figée, austère, hypocrite, attachée à des riens.

A bas la République. C’est fini, elle a passé son tour. Et vive la Liberté.

Mais puisque, comme le disait déjà Tourville, le Français reste convaincu qu’il n’y a de grandeur qu’en l’État, il reporte ses espoirs sur ces gens de rien, sans espoir, sans principes, sans idéal, sans grandeur.

Les gens ne savent pas ce que peut être le Conseil constitutionnel. Si on leur vendait une Cour d’État, ils applaudiraient autant : ce serait beau. Ou une Assemblée extraordinaire du Droit public, ce serait imposant. Ou une Chambre de Haute Justice républicaine, ce serait austère et chic. Un Cénacle de la Nation, ce serait respectable, admirable, imposant. Peu importe. On peut inventer dix noms. Les gendarmes obéiraient. Le CRS s’alignerait.

Vous voyez comme il est simple de gouverner, dans ces conditions. Tout est dans l’apparence, le mot, le signe. C’est la civilisation du signe, pas de l’acte. Tout est dans les mots.

Et moi je m’en sers comme eux. C’est ce qui me fout le bourdon.

Un Detroit, c’est une embouchure.

Par Max Montgomery

Un Detroit, c’est une embouchure. Dans le fond.

Les États-Unis sont décidément un grand pays. La preuve de cette grandeur ? Là-bas, quand on n’a plus d’argent public, on le dit, on fait faillite et on met à pieds les fonctionnaires. C’est ce que vient de faire Detroit, la ville où Marvin Gaye chantait.
C’est la chose normale. Il n’y a plus d’argent, c’est simple. On le dit.

Mais voyez-vous, cette simplicité n’est pas et ne sera probablement pas avant des décennies une chose possible en France.

Quand, en France, on n’a plus un sou, quand tout le pays déraille et se fait caillasser (comme Brétigny-sur-Orge l’a si parfaitement symbolisé), on ne dit rien et on continue, on fait comme si. Quand le contribuable se fait culasser dans d’infernales tournantes fiscales à répétition, se fait supermettre au supermarché par des prix qui sont surtout des taxes, se fait pomper à la pompe, se fait flasher menu pour un damné dépassement de vitesse d’escargot dans un monde qui se promettait d’aller à mille à l’heure et qui ralentit chaque jour, qui se fossilise comme un troisième âge ; quand on se fait piller en bandes, violer en réunion, assassiner en bans, mentir en partis, tromper, abrutir, lapider, dénoncer ; quand on s’appauvrit, inexorablement, lentement, mielleusement, et que la seule distraction qui vous reste est l’écran de votre ordinateur ou la machine à découper le jambon du boucher… on ne dit rien et on continue, on fait comme si.

Comme si… un Kristian norvégien (que le journaliste snobinard appelle Christiane) était un vrai problème, puisqu’il aurait pu penser à un attentat qui aurait pu tuer 15 personnes, et que ça aurait pu être affreux, ça aurait pu être horrible, ça aurait pu être un autre Breivik, ça aurait pu tuer du démocrate, ça aurait pu tant et tant ; d’où mobilisation de tous les services. Ordre supérieur. Le Jacobin fait ce qu’il faut. Des Christiane de ce genre, il y en avait 1 million et demi à Paris, il n’y a pas si longtemps, on a eu chaud. Désormais on prendra les devants.

Et puis il y a la preuve : ce Kristian. Comment se fait-il que l’opposition n’ait pas songé à une minute de silence pour ce qui aurait pu être un affreux drame ? Et comment se fait-il que le pape n’ait pas jugé utile de se déplacer ? Mais heureusement que la France, que la République, maintient intactes sa vigilance, et ses valeurs, et sa force et se détermination. Et nous ne laisserons rien passer, et la Justice fera son travail. On a évité le drame.

De quel drame parle-t-on ? Pas des 200.000 assassinés par an, dans nos bons hôpitaux ; cela n’a rien d’horrible, puisque c’est normal. Et ce qui est normal ne peut être horrible.

Il ne se passe rien de grave dont on ne s’occupe. Nous, le système jacobin. On a tout sous contrôle, on a ce qu’il faut, on a l’argent, on a l’armée, on est les Droits de l’homme, on a le train de vie, on a du panache, nos uniformes ont de la gueule1, voyez le 14 juillet.

La France va bien, la France va mieux.

En revanche l’Amérique capitaliste, elle, a des soucis à se faire.

Bref. Les USA, qui sont une vraie puissance, n’ont pas peur de dire les choses. C’est la parole libératrice, simple, à partir de laquelle on peut recommencer. Savoir parler, c’est le fait des grands.

C’est typiquement ce dont les snobs français ne seront jamais capables.

Savez-vous que la France a presque 10.000 milliards de dettes (et non 1.870 milliards comme il est dit officiellement) ? Et qu’ainsi la République française, dans sa médiocrité, dépense trois fois plus par habitant que la grande puissance occidentale américaine qui, elle, a 16.000 milliards de dettes.

Voilà qui semble extravagant mais il y a des places que la France entend conserver : première puissance endettée du monde par habitant, première puissance fiscale, première puissance immigrationniste aussi puisqu’elle accueille chaque année plus de gens que les USA et le Canada réunis !

Tout cela conduit, en France, des trains vétustes et pourris à dérailler dans des banlieues occupées.

Mais vous verrez que ces ploucs de journalistes vont nous expliquer que Detroit, c’est la preuve que les USA et le capitalisme, ça ne marche pas, et que nous, grâce à l’euro, nous sommes forts et bien portants.

C’est assez facile à dire pour les apparatchiks, puisqu’ils vivent dans les ors des palais d’Ancien Régime. D’ailleurs ils s’appuient sur les chiffres.

Mais il n’y a plus qu’eux pour faire mine de ne pas savoir qu’en France, tous les chiffres sont faux. C’en est impressionnant. Ce que dit la Banque de France est bidon, Pôle-emploi ment, les Assedic dissimulent, les ministères maquillent (et pas seulement celui de l’Intérieur durant les Manifs pour Tous), l’Élysée bidouille, les agences tricotent, les bureaux mystifient, tout est factice, tout est gonflette, tout est strass, tout est faux.

Et à ce point qu’aujourd’hui, PERSONNE ne serait à même, ni de dire combien il y a de fonctionnaires, ni d’évaluer combien il y a de dépense publique, ni combien il y a d’agences rattachées aux divers ministères, combien il y a d’enseignants ou d’élèves, combien il y a d’associations subventionnées, combien dépense un ministre au frais de l’État.

Il n’y a pas un spécialiste, pas un expert qui serait capable de donner un chiffre exact. Même dans la Résistance.

C’est un extraordinaire dédale mythologique d’impasses, de bobards, de chausse-trappes, de trompe-l’œil, de culs-de-sac, d’empilements de couloirs, d’embranchements de corruption, d’intérêts croisés. Savez-vous combien d’organismes, agences ou organisations étaient en charge de la Taxe professionnelle ? Dites un chiffre. 100 ? 1000 ? 5000 ? Je vais vous le dire : il y en avait… 69.000. Chiffre pharaonique. Dans ce beau pays, il y avait environ 69.000 organisations diverses en charge de collecter, gérer ou distribuer la Taxe professionnelle ! Et au sommet, il y avait quelques agences dont la Cour des Comptes ne savait même pas quel était exactement leurs noms. Elles avaient des sigles, mais la Cour disait qu’elle n’avait pas été « en mesure de les identifier. »

Mythologique.

Vous pensez que tout cela est fini ? Non point. Depuis que la dite taxe a été métamorphosée, on ne sait plus du tout où on en est, tout ce qu’on sait, c’est qu’on paye plus. Et bien sûr qu’on a créé de nouvelles institutions pour un nouveau fromage, où de nouveaux amis trouveront de nouvelles places. Rien ne se perd, tout est créé, tout est transformé.

Vous ne pourrez jamais rien savoir, jamais aucun historien ne pourra dire précisément ce que fut cet immense, incroyable, extraordinaire merdier qu’était la république.

Eh bien, de l’autre côté de l’Atlantique, tout est compté, vérifié, validé. Aux États-Unis, on sait de quoi on parle. Il y a des comptes, des chiffres.

Si vous demandez au secrétariat d’État américain les dépenses faites par le Secrétaire d’État lors de ses déplacements à l’étranger, vous en avez une liste complète, exhaustive, où vous verrez qu’il a réglé de sa poche la visite du Taj-Mahal ou le restaurant avec sa femme. On ne mélange pas argent public et dépense personnelle.

Demandez donc au ministère, en France, quelles dépenses a fait le ministre l’année dernière. Et attendez.

Vous ne saurez rien. On ne pose pas de question. Qui êtes-vous, pour poser des questions ? Vous avez un titre, une carte ? D’où venez-vous ? Qui êtes-vous, dans le fond ?

  1. Référence au très drôle Bienvenue à l’Armée rouge
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